02 février 2008
Tagaytay, samedi 5 avril 2008
Escale à Singapour, deuxième
Après un vol sans histoire, nous arrivons à Singapour le mardi 25 mars en fin d’après-midi.

Comme lors de notre premier passage, nous sommes d’emblée saisis par la propreté et l’organisation impeccables du pays. Le revêtement des rues paraît neuf, les feux rouges sont respectés, le piéton ne risque pas de se faire écraser à tout instant en traversant (les voitures s’arrêtent même pour le laisser passer, incroyable), les conducteurs ne klaxonnent pas en permanence. Il nous faut quelque temps pour nous réhabituer à ces choses pourtant normales...

Le centre de Singapour est un peu étrange car il donne l’impression d’être uniquement une succession de centre commerciaux gigantesques remplis des grandes marques mondiales. Le nombre de «malls» est impressionnant et paraît démesuré par rapport à la taille du pays. Nous nous promenons un peu dans les magasins, ça ne nous est pas beaucoup arrivé depuis le début de notre voyage! Mais si nous ne nous refusons pas un arrêt café ou chocolat de temps en temps, nous limitons les achats de vêtements: on verra ça en rentrant en France.
Il n’y a pas forcément beaucoup de sites à visiter à Singapour mais le zoo est très connu. Nous allons donc le voir le mercredi matin. Nous commençons par les stars du parc: les tigres blancs aux yeux bleus. Majestueux, d’une démarche à la fois souple et puissante, ils sont magnifiques et on pourrait rester des heures à les regarder.

Beaucoup d’autres animaux méritent des éloges; nous avons vu des bêtes surprenantes et originales, notamment parmi les différentes espèces de singes que le zoo abrite.


Le lendemain, nous partons visiter l’île de Sentosa, un endroit semble-t-il très apprécié par les habitants de Singapour. La petite île a été aménagé en une espèce de grand parc d’attraction. Plage artificielle (avec les gigantesques pétroliers du port de commerce à 500 mètres), tour d’observation pour avoir une vue panoramique de la région, piste de luge sur roulettes, exposition sur les papillons... Voilà les activités proposées au milieu des nombreux cafés et fast-foods. Vous l’aurez compris, nous ne restons pas longtemps, juste le temps de prendre une photo souvenir devant les fontaines multicolores et très laides qui bordent l’allée principale.

L’horaire de notre vol pour rejoindre Manille, 0h40, n’est pas terrible, il faut bien l’avouer. Mais nous n’avons pas payé très cher... Nous avons donc le temps de savourer un dernier repas dans Little India. Dosai et idlys nous manquaient et nous ne sommes pas déçus. Ils sont aussi bons qu’en Inde.
Le ventre plein, nous gagnons l’aéroport, prêts pour une nuit difficile. L’heure d’arrivée prévue à Manille est 4h05 du matin. Il n’y a plus qu’à essayer de dormir dans l’avion pour ne pas être trop morts à l’arrivée. Vivent les low-costs !
09 avril 2008
Legaspi, mercredi 9 avril 2008
On ne choisit pas non plus les trottoirs de Manille...
Ayant quitté Singapour vers une heure du matin, nous arrivons à Manille à 4h30, ni vraiment endormis, ni tout à fait réveillés le 28 mars au matin. Les formalités sont vite accomplies et comme il n’y a pas encore d’embouteillage, le taxi que nous prenons ne met pas longtemps à nous déposer dans le quartier où nous avons décidé de loger.

L’horaire matinal (5h30) n’est jamais idéal pour se promener dans une grande ville et chercher un hôtel mais à Manille, et bien c’est encore pire. Au cours de notre voyage, nous avons déjà eu l’occasion d’observer que la rue sert souvent de lieu de vie et que nombreux sont ceux qui y dorment mais le spectacle des enfants sales et nus qui sommeillent sur des cartons posés à même le sol dans la capitale philippine est vraiment difficile. C’est d’autant moins drôle que nous mettons un certain temps avant de trouver un logement: beaucoup d’hôtels sont pleins ou ne disposeront de chambres que plus tard dans la matinée. On nous dit souvent de revenir vers midi. Evidemment, nous n’avons pas envie d’attendre aussi longtemps pour trouver un lit alors nous allons voir plus loin. Finalement, nous trouvons notre bonheur et prenons un repos salutaire. Nous sommes contents de pouvoir nous installer après avoir passé une heure à arpenter les rues: même si le jour s’est levé, l’ambiance reste assez glauque.

En milieu d’après-midi arrive Damien venu partager notre périple philippin. Il nous avait déjà rejoints lors de notre passage en Amérique centrale il y a un an, puis au Népal en novembre et il est à nouveau venu nous rendre visite en Asie. Pour commencer le voyage aux Philippines, nous ne serons d’ailleurs pas trois, mais quatre: notre amie Mia arrive de Taïwan le lendemain midi, mais pour une semaine seulement. Cela représente la totalité de ses vacances de l’année !
Ne voulant pas quitter Manille dès l’arrivée de Mia histoire de ne pas célébrer nos retrouvailles dans un bus de nuit, nous consacrons deux jours à l’exploration de la capitale et ça nous suffit largement. Nous nous rendons d’abord dans Intramuros, le cœur de la ville historique espagnole. Il n’en reste pratiquement que les murailles, l’intérieur ayant été détruit au cours de la seconde guerre mondiale. A part une ou deux façades d’églises qui nous rappellent l’Amérique latine, il n’y a donc pas grand chose à voir.

Détail amusant, le sport tient une place importante dans la vie des Philippins. Si un golf a trouvé sa place autour des remparts de la vieille ville à portée de balle des avenues bondées, le sport national est ici le basket-ball. On voit des terrains à tous les coins de rue, parions que Clément ira taquiner le ballon avant la fin de notre séjour !

Le samedi soir, nous nous rendons dans le quartier moderne et branché de Manille pour prendre un verre et dîner. Il offre un contraste saisissant avec le reste de la ville, on se croirait de retour à Singapour. Au milieu d’énormes centres commerciaux, nous trouvons plus de bars et de restaurants qu’il ne nous en faut. Au moins n’est-il pas difficile de trinquer aux vacances.
Le dimanche matin, nous allons dans un autre quartier de Manille où on trouve de nombreux marchés. Effectivement, la foule est bien au rendez-vous dans les rues...

Ce qui frappe le plus cependant, ce ne sont pas les étalages, c’est l’affluence à la messe dominicale des églises du quartier. Nous sommes dans un pays catholique (un changement par rapport au reste de l’Asie) où la religion tient une place extrêmement importante. Les églises que nous voyons sont donc combles. Cela ne signifie pas qu’on ne trouve plus une place assise dans les travées mais qu’il est juste impossible de pénétrer dans l’église et de voir ce qu’il se passe à l’intérieur tant la foule y est dense. Pour ceux qui n’ont pas pu rentrer, des écrans géants retransmettent la messe en direct et la ferveur est immense sur le parvis.

Notons qu’on peut parfaitement conjuguer ses convictions religieuses et son amour du basket: on trouve vraiment des terrains partout !

Comme nous n’allons pas visiter toutes les églises de la ville qui de toute façon, célèbrent toutes des mariages et que la pluie qui s’est mise de la partie a transformé les rues en un champ de boue charriant des immondices, nous écourtons notre visite de Chinatown (pas très dépaysant pour Mia) et empruntons les jeepneys de Manille pour nous déplacer. Un jeepney, ça fonctionne comme un bus et ça ne ressemble à aucun autre moyen de transport connu.


Le soir venu, nous prenons un bus de nuit pour Banaue, une ville au nord de l’île de Luzon abritant de belles rizières en terrasse. Nous ne sommes pas fâchés de quitter Manille. Nous avons déjà vu des villes sales ou pauvres au cours de nos voyages mais Manille laisse plus qu’une autre une impression de crasse, de grisaille et de misère. Comme en plus on a à deux reprises en deux jours tenté d’ouvrir nos petits sacs à dos alors que nous marchions dans la rue, il vaut mieux être constamment sur ses gardes et ça ne rend pas les balades agréables. Ajoutons qu’il y fait une chaleur insupportable et que la pollution rend la respiration difficile, nous avons hâte de profiter du grand air et des hauteurs de Banaue !
Photos Philippines - Retour accueil - Livre d'or
10 avril 2008
Puerto Princesa, jeudi 10 avril 2008
La huitième merveille du monde
Après une courte nuit de sommeil dans le bus, nous arrivons à Banaue dans le nord de Luzon le lundi 31 mars.

La région est propice à la randonnée dans les rizières et nous réservons un guide pour deux jours à partir du mardi matin. Nous passons la journée du lundi à nous reposer (les bus de nuit sont pratiques mais fatigants) et nous nous rendons quand même à un point de vue sur les terrasses dans l’après-midi. Elles ont été construites il y a environ deux mille ans par des représentants de l’ethnie Ifugao, dont les descendants peuplent toujours la région et qui les ont dotées de complexes systèmes d’irrigation à base de canaux de terre et de tubes de bambou. Dans la région, on considère ces rizières comme la huitième merveille du monde.
Par malchance, le temps est au gris et la vue n’est pas aussi spectaculaire qu’elle pourrait l’être. Nous apprécions quand même les étonnants motifs formés par les bordures des rizières.

Le lendemain, nous partons en «tricycle» vers le point de départ de notre rando. Après les jeepneys, c’est encore un moyen de transport surprenant made in Philippines, constitué d’une moto et d’un side-car. Sur les routes en terre défoncées, c’est aussi extrêmement inconfortable surtout quand on est grand et qu’on risque de se cogner la tête ou autre chose à chaque soubresaut.

Le début de la marche n’est pas passionnant, nous suivons un large sentier assez loin des rizières et la vue est bouchée par les nuages. Au bout d’un moment, la pluie s’en mêle et nous essuyons deux grosses averses. Florence et Mia ont beau regarder le paysage, un rayon de soleil pour éclairer l’ensemble serait bienvenu !

Après la pause-déjeuner, les choses s’améliorent un peu. Il fait toujours gris mais il ne pleut plus et nous cheminons directement sur les murets qui bordent les terrasses.

Depuis des siècles, le travail dans les rizières n’a pas changé. Les gestes et les outils sont les mêmes...

Dans l’après-midi, nous parvenons au village de Batad où nous devons passer la nuit. Notre hôtel offre une vue imprenable sur l’amphithéâtre des terrasses mais le sommet des collines environnantes disparaît toujours dans les nuages. Le soir, alors que nous dînons, la pluie se remet à tomber et vire carrément à la mousson. Nous sommes contents d’être à l’abri.
Le mercredi matin, nous nous réveillons sous un ciel et un soleil magnifiques. L’air est très pur et le vert des rizières révèle enfin toutes ses nuances.


Nous sommes le 2 avril, cela fait un an exactement que nous nous sommes envolés pour Mexico et que nous voyageons. Le temps passe à une vitesse folle !
Nous commençons la journée par descendre jusqu’à une chute d’eau en contrebas du village. Au cours de notre voyage, nous avons souvent effectué des balades vers des cascades près desquelles il était théoriquement possible de se baigner pour arriver en fait au pied d’un mince filet d’eau et d’un bassin ridicule. Cette fois-ci, pas de déception: la chute d’eau présente un joli débit et la baignade est délicieusement rafraîchissante. Le retour du soleil marque aussi une forte augmentation de la température.

Après nous être séchés, nous retournons à Batad récupérer nos affaires et prendre un copieux déjeuner: ça fait du bien de s’arrêter un peu car la montée a été rude et nous n’avons pas encore fini de marcher.

Dans l’après-midi, nous quittons Batad pour rejoindre la route principale en traversant à nouveau de nombreuses terrasses. Dans toute cette région, des montagnes entières ont été sculptées par les hommes et on ne se lasse du spectacle de ces lignes ondulant le long des pentes au milieu des villages.

Une fois de retour sur la route, le plus pénible reste à venir: 1h20 de tricycle pour regagner Banaue, c’est vraiment loin d’être une partie de plaisir! Malgré les courbatures à l’arrivée, nous n’arrêtons pas là notre trajet. Pour que Mia profite au maximum de sa semaine de vacances, nous reprenons dans la foulée un bus de nuit pour Manille. Le pays est grand et offre de nombreuses activités, nous voulons varier les plaisirs et avoir le temps de profiter d’autres endroits.
Photos Philippines - Retour accueil - Livre d'or


